Un raid à ski entre Les Contamines et Arêches qui redessine la carte du Beaufortain
Un nouveau raid à ski entre Les Contamines Montjoie et Arêches en Savoie vient de s’imposer comme l’itinéraire phare de ski de randonnée dans les Alpes françaises. Pensé comme une traversée logique entre la vallée du Val Montjoie et le Beaufortain, ce raid ski Contamines Arêches Savoie suit un fil de cols et de combes qui relie deux stations sans recourir aux remontées mécaniques pour le cœur du parcours. La Compagnie des Guides du Val Montjoie, organisatrice du projet, résume l’esprit du séjour : « nous proposons une traversée itinérante en autonomie relative, réservée à des skieurs déjà habitués au ski de randonnée et capables de gérer leur sécurité en terrain non sécurisé », peut-on lire sur la fiche descriptive de l’itinéraire publiée par les guides, accompagnée d’une carte schématique et d’une trace GPS téléchargeable jour par jour.
Le départ se fait aux Contamines Montjoie, en Haute Savoie, avec un premier tronçon de ski rando jusqu’au refuge des Prés (1 930 m) après une montée progressive depuis le village des Contamines (environ 1 160 m). Cette première journée de randonnée à ski installe le ton : environ 1 000 mètres de dénivelé positif, un col intermédiaire autour de 2 100 m et une descente soutenue vers le refuge, idéale pour tester son niveau technique en ski de randonnée. On reste ici dans un terrain de moyenne montagne, face au mont Blanc, mais déjà loin de l’ambiance de station classique et des foules des hiver stations voisines comme Saint Gervais ou le domaine de ski Flaine, avec un profil d’altitude lisible et un point de rendez-vous clairement indiqué sur le parking principal des Contamines.
Sur quatre jours, la traversée totalise près de 50 kilomètres et environ 4 000 mètres de dénivelé positif, selon les données communiquées par la Compagnie des Guides du Val Montjoie et recoupées avec les topos de ski de randonnée locaux. Après la nuit en refuge, la deuxième étape file vers le Beaufortain ski en direction du refuge du Plan de la Lai (1 819 m), souvent appelé refuge Plan de la Lai ou simplement refuge Plan, en longeant le Cormet d’Arêches (2 108 m) et les pentes au dessus d’Arêches. Le raid alterne ainsi montées de col, sections de rando plus douces et longues descentes poudreuses, avec une immersion progressive dans les reliefs du Beaufortain et ses sommets emblématiques comme la Pierra Menta (2 714 m) ou la Roche Parstire (2 107 m). Un guide résume l’ambiance : « le troisième jour, quand on bascule vers la Coire, on a vraiment l’impression de tracer sa propre ligne sur la carte du Beaufortain ».
Tracé, niveau requis et conditions idéales pour ce raid en Beaufortain
Le cœur du raid ski Contamines Arêches Savoie se joue sur les deuxième et troisième journées, entre le Plan de la Lai et le refuge de la Coire (2 050 m environ), avec une traversée engagée du Beaufortain. On évolue ici dans un relief plus minéral, où chaque col franchi ouvre une nouvelle descente vers un vallon préservé, loin des stations et des axes routiers de Savoie et de Haute Savoie. La rando reste toutefois lisible, avec un itinéraire balisé par les refuges et les points de passage classiques du ski de randonnée local, facilement repérables sur les cartes IGN au 1/25 000, les profils d’altitude fournis par les guides et les fichiers GPS compatibles avec les applications de navigation en montagne.
Les organisateurs annoncent un raid adapté à des skieurs de randonnée expérimentés, capables d’enchaîner plusieurs jours de ski rando avec sac chargé et gestion autonome de la sécurité. La fiche technique parle d’un niveau « bon skieur de randonnée », ce qui signifie maîtrise des conversions en montée, aisance en descente en neige variable et solide condition physique pour supporter la répétition des montées de col. À titre de comparaison, la Haute Route Chamonix Zermatt reste plus glaciaire et plus haute en altitude, quand ce nouveau raid privilégie les combes, les alpages et les cols du Beaufortain, avec des altitudes plus modestes mais un engagement réel lié à l’isolement. Les risques d’avalanches restent présents sur les versants raides, ce qui impose DVA, pelle, sonde, casque, couverture de survie et trousse de secours dans le sac de chaque participant.
Les meilleures conditions se situent généralement entre la fin de l’hiver et le début du printemps, quand l’enneigement reste continu entre Les Contamines Montjoie et Arêches Beaufort et que la stabilité du manteau neigeux permet des descentes plus sereines. Les guides recommandent de viser une fenêtre météo stable de quatre jours, avec des températures modérées pour limiter les risques d’avalanches sur les pentes raides au dessus d’Arêches et du Plan de la Lai. Pour suivre l’évolution de la fréquentation et des tendances dans les stations des Alpes, le panorama sur les taux d’occupation des stations en hiver permet aussi de choisir un créneau plus calme pour ce type de séjour engagé. Une courte FAQ remise aux participants rappelle enfin les numéros d’urgence, les consignes de progression en groupe et les points de rendez-vous en cas de repli vers la vallée.
Refuges, logistique et plus value réelle face aux itinéraires classiques
La force de ce raid ski Contamines Arêches Savoie tient à sa chaîne de refuges, qui structure le séjour et sécurise la progression jour après jour. Après le refuge des Prés, l’itinéraire rejoint le refuge Plan de la Lai, puis le refuge de la Coire, avec parfois une variante par le refuge de Presset (2 514 m) pour les groupes très entraînés qui veulent ajouter une nuit en refuge face à la Pierra Menta. Chaque nuit en refuge devient alors une étape stratégique, permettant de gérer la fatigue, de réviser la trace du lendemain et d’ajuster les options de descente selon les conditions de neige, en s’appuyant sur les informations fournies par les gardiens. Les réservations se font directement auprès de chaque refuge, via téléphone ou formulaire en ligne, avec des consignes précises sur les horaires d’arrivée, les repas et l’équipement obligatoire (sac de couchage léger, chaussons, lampe frontale).
Sur le terrain, la traversée relie deux univers de montagne bien distincts, entre le Val Montjoie tourné vers le mont Blanc et le Beaufortain plus pastoral, dominé par les crêtes de la Roche Parstire et les alpages du Plan de la Lai. Les sections les plus techniques se concentrent sur certaines montées de col et sur des descentes parfois soutenues, où les conversions serrées et la lecture du relief sont indispensables. Les portions de liaison en vallée restent limitées, mais il faut accepter quelques segments plus plats ou piétons pour connecter les différents versants sans recourir aux remontées mécaniques, en suivant les accès indiqués sur les topos et les sites officiels des refuges. Des supports visuels, comme des photos de pente annotées ou des vues aériennes avec balises alt décrivant les principaux cols, complètent utilement la préparation.
Par rapport à la Haute Route Chamonix Zermatt, ce raid en France offre une alternative moins glaciaire, plus accessible à des randonneurs déjà aguerris l’été mais encore novices sur les grands glaciers alpins. Les skieurs qui fréquentent déjà les itinéraires de rando autour de Saint Gervais, des Contamines ou du mont Blanc trouveront ici une progression naturelle vers un raid de quatre jours, avec un engagement réel mais maîtrisable. Pour préparer ce type de projet, les itinéraires de randonnée autour du mont Blanc en famille, comme ceux présentés dans ce dossier sur la randonnée au mont Blanc avec enfants, constituent une bonne base estivale avant de passer au ski de randonnée hivernal et de s’orienter vers un raid itinérant comme la traversée Contamines Arêches Beaufortain. Une courte foire aux questions en fin de topo répond enfin aux interrogations fréquentes sur le matériel, les points d’eau, les horaires de départ et les options de retour en navette depuis Arêches vers la vallée.